Astuces : Ralentir travaux

ou de l’art de l’induction de soi-même et des autres « dans un jeu fait de jeux, mais sérieux, qui doit toujours rester un jeu» (Peter Brook).

—-  Acteur, mon ami, pensant à Jouvet, c’est à toi qui est «personne et tout le monde» que je m’adresse.

—- « Il faut penser ses sensations ».

—- « Les ayant triées, choisies, échantillonnées, essayées, contrôlées, il faut ensuite les penser, les fixer, les écrire avec des gestes ou des inflexions. La mémoire aveugle suit ce mécanisme, et le corps s’illumine, s’éclaire, s’échauffe et se refroidit, se contracte, dans cette chaleur saisie. Le cerveau s’éclaire ensuite de cette illumination, de cette lumière, mais la sensation est le point de départ vers la joie de l’immédiat du moment; présent à l’autre. C’est là notre métier ».

Être. Choisis ce que tu veux être et vas-y lentement, patiemment, sans t’illusionner.

         Le théâtre est une magie. Un secret. Sportif dans l’Amour de la Vie et du Jeu. Produit de l’imagination, ses fondements sont: le texte et le sous-texte, le dit et le caché; l’action, ce que l’acteur fait pour réaliser le désir du personnage dans la perspective de circonstances proposées et d’un objectif issu de la situation, le rapport entre ce que font les personnages et ce qu’ils disent; l’écoute active, agir/réagir toujours une grande leçon quand on le fait vraiment et la réalité du faire, la clé qui déverrouille la porte du monde imaginaire pour y pénétrer et y vivre authentiquement’.

         Alliés, ces éléments sont cruciaux à l’art du savoir faire danser la vie, et l’acteur présence primordiale, en est la courageuse preuve de l’existence de l’humain.

   « Issue d’une ‘envie forte’ l’action exprime le développement psychologique ».–Fritz LANG

         L’état physique. Tout est suspect sauf le corps et ses sensations. Porte-impulsions et gisement de sensations, le corps-vie est le lieu et véhicule du métier, qui est d’être un garnement de 4 ans aux vertus primitives, à qui tout est jeu, prétextes à jeux, rien que jeux avec les jeux et qui veut en découdre. Suis-le ! l’intuition du gosse naïf et fou de tout de tout dans l’instant du désir & ses brisures est l’une des premières forces de la nature.
Mais, dit Picasso: «… devenir jeune prend du temps».

        Le sentiment. État affectif complexe commandé par l’état physique et l’atmosphère du lieu où ça se passe pour des gens qui rient et pleurent ensemble.

         Allant au jeu. Dans le tac au tac des impulsions l’acteur doit non seulement partir de soi, mais aussi s’échapper de soi & pister ce gamin en lui qui n’est ni en sucre, ni angélique, mais féroce et infernal : un artiste émerveillant de la réflexivité.

  Ainsi, de toute ta peau, nerfs et viande ton comportement capturera le personnage, avec finesse. Et, tu dois te voir faire, t’écouter, écouter le public. Faisant ces choses, tu représentes le personnage, ce gibier fuyant, pas l’individu que tu es,

mais celui que tu veux persuader aux autres que tu es ».

         Le cabot dit des mots, l’acteur juste éprouve la situation et s’exprime par le COMPORTEMENT et les activités qui font l’art et clarifient l’intention. Sortant de sa zone de confort, du pied et de la cape, tel un toréro travaillant le taureau, il choisit, trie, teste  finalise et réalise ses actions, accomplissant l’objectif du personnage qu’il sert

« comme un fidèle serviteur domestique ». De là tout est espérable.

         La situation. Pour y être, pile dedans, observe ! et puis, confiant en ta capacité d’identification, agis selon le sentiment que tu en as, Quand on est dans l’état physique nécessaire le ton s’impose, l’éprouvé suit. Ce qui est capital c’est d’éprouver pleinement la condition et train de vie du personnage. Décontracté, fais selon l’autre. Testant l’effet sur le partenaire, vois si ton exécution va quelque part. Si ce que tu tentes de faire ne marche pas, change de cap. Ne sois pas le serpent qui se mord la queue et ne va nulle part sans rien finir. L’envie forte qui le fait est couillue. ‘L’improvisation qui la lance n’est juste que si concertée,’ dit John Ford. Ça commence et ça finit dans le plaisir.

      Être acteur dans l’instant. Tout ce que tu fais et créer vient de ta vie, de ce que tu es et oses imaginer être dans la vie du rôle, faisant progresser l’histoire, son gestus et péripéties en situation dans l’instant de la sensibilité jouée.(cf.page 6)

       Training. Il s’agit d’éveiller la vie, l’enjouement, la chair de celui qui va agir, –l‘acteur. Fourbissant armes et outils adéquats sur une longueur de temps, dans la joie d’accomplir à travers d’autres horrible travailleurs, le désir fou d’une vraie vie encore absente.